Premier volet de la saga des Sasori, Female Prisoner #701 est un pur film d’exploitation de Women in prison. Le programme habituel est au
rendez-vous: humiliations, torture, émeute, bagarres, vengeance, évasions, violence et puis bien sur également une tonne de femmes nues. Pour ceux qui ont pu voir le superbe 2e volet de la série
sorti en DVD dans la collection cinéma de quartier de Dionnet, sachez que l’on apprend comment et pourquoi Mastu s’est retrouvée en prison et d’autres choses comme l’incident qui fit perdre un
œil au chef de la prison.
Au niveau de la réalisation, on retrouve le superbe esthétisme propre au cinéma japonais des années 60/70 avec des jeux de lumière magnifiques mais également pas mal d’expérimentation au
niveau des cadrages et il ressort de tout ça des plans de toute beauté. Et puis évidemment pour sublimer le tout, il y a la divine Kaji Meiko qui par sa seule présence et son regard perçant
hypnotise complètement le spectateur. Son jeu passe par une gestuelle et surtout par son visage, tout en retenu, étant donnée que son personnage ne parle que très rarement dans le film, quelques
phrases tout au plus. L’ensemble du film est basé sur elle et on ne va pas sans plaindre, l’association de Ito Shunya / Kaji Meiko fonctionne à merveille.
La bande son elle n’est pas très musicale mais renforce l’ambiance visuelle par des bruitages répétitifs comme le son de la foudre ou d’une ampoule en mauvais état de marche. Malgré tout, Kaji
Meiko donne quand même de la voix pour le générique de début et de fin avec la chanson envoûtante Urami Bushi présente d’ailleurs sur la BO de Kill Bill en guise de générique de fin :
Uramiiii iibushiii.
Contrairement à la devise qui veut que la suite d’un film soit toujours « plus », plus de sexe, plus de sang… ce 1er volet est beaucoup plus orienté vers l’exploitation que sa suite qui l’était
pourtant déjà pas mal. Cependant il faut reconnaître aussi qu’elle lui est inférieure, à vouloir trop jouer sur l’exploitation, le film n’atteint pas la force et un tel niveau d’expérimentation
que l’on pourra retrouver dans le second volet de la série.
Amateur de film d’exploitation ou tout simplement amoureux de Meiko Kaji ce film ne vous décevra pas.
En l'espace de 3 films et une série, Kon Satoshi est devenu un réalisateur incontournable dans le paysage de l'animation japonaise. Paprika était donc attendu de pied ferme, surtout que
Tokyo Godfather, son long métrage précédent, était un peu trop typé "grand public".
On retrouve dans Paprika tous les thèmes cher au réalisateur : la parainoia, les jeux de mirroirs, la dualité des personnages, le
questionnement sur la fine ligne qu'il existe entre la folie du rêve et la réalité ... Et pourtant même si le thème de ses oeuvres reste le même, ce qui en découle formellement est comme à chaque
fois complètement différent. Paprika peut être considéré comme le film somme de Kon Satoshi, une sorte de Parainoia Agent porté sur grand écran.
Pour donner une idée du trip de Paprika il faut s'imaginer un mélange entre Chihiro pour le côté univers visuel délirant et Ghost in
the shell pour la thématique et le propos. Alors bien sur le film ne tient pas la comparaison par rapport au 2 films précédemment sités dans chacun de leur domaine, mais le mix des deux
est tout de même très réussi et surtout incroyablement ludique. Mais du coup ce qu'on gagne en maîtrise visuelle et formelle, on le perd au niveau du traitement de l'histoire. Le fond
reste intéressant mais le traitement est moins poussé que dans un Millenium Actress ou un Perfect Blue. Le film finalement tourne plus sur la forme des rêves que sur leur fond.
Paprika est donc une oeuvre plus "mineure" sur le fond que Millenium Actress, Paranoia Agent ou Perfect Blue mais le plaisir durant le
visionnage est bel et bien là.
Avec : Teah, Omori Nao, Chihara Koji, Amate Chisato
Dai (Teah) est un bagarreur qui ne se bat que pour devenir le meilleur, le numéro 1. A chacun de ses combats il remarque quelqu’un qui l’observe avec un sourire aux lèvres. Pensant qu’il se
moque de lui, ce sourire hante littéralement Dai qui va chercher ce garçon pour lui demander des explications.
Masato Tanno le réalisateur du film réalise une sorte de préquelle au film Ichi the killer de Miike Takashi qui nous narre les origines et l’éveil du tueur Ichi. Il connaît plutôt
bien son sujet puisque qu’il n’est autre que l’assistant réalisateur de Miike sur Ichi the killer. Shiroichi (pas encore Ichi) n’est pas le personnage principal tout comme Kakihara dans le film
de Miike, ici on suit le film depuis la vision de Dai interprété par Teah qu’on a déjà pu remarquer pour son rôle de brésilien dans City of the lost soul. Il a le physique parfait pour le rôle,
le regard froid et très dur c’est un bagarreur qui n’a comme seul but de devenir le numéro 1. L’univers du film est très proche de celui d’un manga, peu étonnant puisqu’à la base c’est une
adaptation du manga de Yamamoto Hideo.
On retrouve donc une ambiance proche des manga de baston comme Young GTO, Tough ou encore Racailles Blues et un univers où on peut se battre dans l’enceinte d’un lycée sans avoir de
répercussions ou même en pleine salle de cours. Il y a 3 personnages qui se détache dans le film, Dai, Shiroichi et Onizame. Ce dernier est un adepte de l’aïkido et casse des os comme il
respire. Ce personnage est spécialisé dans le cassage d’os et le bruit qu’ils font lorsqu’ils cassent (proportionnel au calcium). C’est le point commun qu’il a avec Shiroichi qui ne
trouve une jouissance que dans la violence extrême. Le film nous permet donc de découvrir l’univers et la naissance de Ichi, l’origine de son nom, de son fameux coup de pied marteaux et de son
costume (dans une moindre mesure). Cependant le film n’a pas énormément de moyens et ça se voit. Destiné au marché de la vidéo il est tourné en DV et la qualité du métrage en
souffre. En effet la photographie est proche du style série TV et la réalisation est très basique avec des effets qui ont plus tendance à énerver qu’autre chose comme dans
la poursuite finale qui semble s’éterniser.
Les combats ou plutôt les bagarres sont bien rendu grâce surtout au bruit sourd des impacts des coups de poing ou des craquages d’os. La violence est également au rendez vous, ça frappe dur, ça
viole et ça casse les os …
Bilan mitigé donc pour cette « préquelle » qui est tout de même conseillé pour les fans de Ichi The Killer ou pour les amateurs de shonen baston à la slam dunk (sans le comique) qui y
trouveront leur compte.
Avec : Shawn Yu, Francis Ng, Bruce Leung, Ishibashi Ryo, Annie Liu Sum-Yau, Suzuki Takuya, Kuo Pin Chao, Kobayashi Masato.
Après avoir réalisé le prometteur Love Battefield qui renouait avec
le polar noir et efficace du cinéma de Hong Kong des années 80/90, Soi Cheang s'était attaqué avec brio à Dog Bite Dog, un film noir et nihiliste jusqu'au boutisme. Après cette
réussite, lorsque l'annonce est tombée que Soi Cheang allait adapté le manga Shamo (sorti chez nous sous le nom de Coq de combat), tout les espoirs étaient permis. Le manga d'une rare violence
et immoralité méritait bien un traitement digne de ce nom et Soi Cheang semblait être le réalisateur parfait pour cette adaptation.
Le film suit bien la trame principale du manga à savoir un jeune de 16 ans studieux et au comportement exemplaire qui pète un plomb lors d'un repas de famille et tue ses parents devant les yeux
de sa soeur. Il est alors envoyé en prison où il va connaître moult supplices de la par des autres prisonniers jusqu'au jour où il va faire la rencontre d'un maître de Karaté qui est
transféré dans son établissement afin d'apprendre son art aux prisonniers. Doté d'un instinct de survie hors du commun et d'une application sans pareil consacré à l'entraînement il va réussir à
survivre durant 2 ans date de sa sortie de prison et devenir un expert du combat.
Toute cette première partie est plutôt bien réalisée et fidèle au matériel d'origine, même si physiquement Francis Ng ne ressemble pas trop au Kurokawa du manga qui est petit et chauve.
Malheureusement après sa sortie de prison, les choses vont se gâtés. Déjà parce que la réalisation des combats n'est pas à la hauteur, c'est plutôt mou, trop découpé et la caméra à tendance à
trop partir dans tous les sens. Ensuite parce que le personnage sans fois ni lois du manga est ici beaucoup plus nuancé et effacé. De plus si on peut louer la ressemble physique de Shawn Yu
avec le personnage, c'est déjà moins le cas de son jeu d'acteur.
Au final seul le début du film est réussi, la suite propose beaucoup d'action, ce qui est louable,
mais pas de l'action de bonne qualité, ce qui devient tout de suite problématique. De plus certains passages font plus que frôler le ridicule, je pense notamment au combat entre Ryo et Kurokawa
dans la forets digne de l'entraînement de Fan Siu Wong qui casse des tombes dans Story of Ricky. La fin est également trop abrupte et nous laisse sur notre fin. Au final le pari est raté,
surtout qu'après Dog Bite Dog l'attente était justifiée. Dommage.
Après avoir déjà supervisé le prologue de 40 minutes accompagnant la sortie du jeu Ryû ga gotoku - jissha-ban racontant la jeunesse de Kiryu, Nishiki et Yumi, Miike s'attaque cette fois à la
réalisation du long métrage adapté du jeu vidéo. Sorti chez nous sous le nom de Yakuza, le jeu de Sega nous permettait de prendre le contrôle de Kiryu, un Yakuza évoluant dans le quartier de
Karamucho qui n'est autre qu'une reconstitution du quartier de Tokyo : Kabuki Cho. On avait donc à faire à un Beat'em all de qualité dans un univers très bien reconstitué et avec une histoire
solide.
En apprenant l'adaptation du jeu en long métrage, on aurait pu craindre le pire, on ne compte plus les adaptations désastreuses de jeux vidéos sur grand écran. Et pourtant Ryu ga gotoku même
si il est loin du chef d'oeuvre arrive à divertir tout en restant fidèle au matériel d'origine. Miike est un réalisateur imprévisible, capable du meilleur comme du pire et surtout souvent très
inégal. Heureusement ici il trouve un matériel de base assez conforme avec ses thèmes de prédilections : l'humour absurde, les yakuza, la violence et tout ce qui va avec. Ceux qui ont vu Dead or
Alive ou Rainy Dog ne seront donc pas dépaysé.
Scénarisé par Hase Seishu (City of Lost Souls), l'histoire utilise pas mal d'ellipses et reste assez flou sur le background des personnages. Ceux qui n'ont pas joué au jeu seront donc un peu perdu.
Ainsi exit pas mal de personnages pour se concentrer principalement sur l'affrontement récurrent entre Kiryu et Majima. Les histoires annexes à cet affrontement ne sont pas vraiment super
intéressantes, d'ailleurs on se demande même ce que des personnages comme Satoru et Yui viennent faire dans le film. Cependant sorti de Kiryu et Majima, quelques personnages intéressants et
loufoques sortent tout de même du lot comme le personnage joué parYoshiyoshi Arakawa (Survive Style 5+,Memories of Matsuko)en vendeur d'armes
"Ultra Masochiste" ou celui du tueur Coréen. Miike oblige, on retrouve également le fidèle Sho Aikawa dans un rôle de flic débile ainsi qu'un caméo de Teah (City of Lost Souls, 1-ichi) en barman.
Le dernier "boss" est interprêté par Kuroudo Maki (Brother de Kitano)qui n'est pas vraiment convaincant, limite ridicule, dans son rôle de
super fighter.
Niveau réalisation, l'action est certes découpée mais pas épileptique, le style est donc efficace et la photographie est agréable. Les passages
dans le Kabuki Cho virtuel tout illuminé est bien restitué.Le film reste donc fidèle à l'ambiance du jeu avec des séquences de baston
ainsi qu'un gunfight au fusil à pompe bien bourrin. On retrouve aussi quelques effets jeux vidéos comme lorsque une "aura" d'énergie entoure les personnages ou encore lorsque Kiryu boit une
boisson énergétique pour reprendre des forces.Ryu ga gotokuest donc
divertissant sur la durée avec cependant des délires "à la Miike" qui n'ont rien à voir avec l'histoire (ou très très peu) un peu lourd. A recommander surtout à ceux qui ont apprécier le jeu ou
aux fans de Miike, les autres auront peut être un peu de mal.